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du Coeur eucharistique de Jésus

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Carême

 

 

Pendant quarante jours, jusqu’à Pâques, les chrétiens font une expérience de désert. Selon la tradition, le désert c’est l’endroit où l’on peut nouer des rapports intimes avec Dieu. Par cette expérience, les chrétiens sont invités à convertir leurs vies, à convertir leurs cœurs en les tournant vers Dieu.  Dans sa première prédication, Jésus invite les foules à la conversion : «  Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » (Mc 1, 15)

 

L’homme ne peut se sauver lui-même. Le salut est apporté par le Christ qui vient chercher et sauver ce que nous avons perdu, nous délivrer du mal qui abîme notre vie. C’est Jésus-Christ  qui efface les péchés, offre la conversion et la sainteté divine. Les chrétiens sont invités à porter leur regard sur l’essentiel pour se laisser convertir, se laisser transformer  par la grâce de la Bonne Nouvelle, s’ouvrir à la vie et à la sainteté du Christ.

 Il ne s’agit pas de se tourner vers le Seigneur pour discuter de nos torts, mais pour en prendre plus vivement conscience, les avouer et demander pardon. C’est essentiel, c’est le commandement de l’amour : faire en sorte que tout dans notre vie soit animé par l’amour que nous voulons donner à Dieu et à autrui (Mt 22, 40). 

 

Le carême nous invite à rentrer en nous-mêmes pour découvrir le sanctuaire intime qu’est devenu notre être, pour regarder et écouter Dieu, lui ouvrir notre cœur, rejoindre sa présence en un élan de foi. Très souvent, nous cheminons en aveugles, et nous trouvons des excuses à notre conduite. 

Le carême est la période où le Seigneur fait tomber les écailles  qui recouvrent nos yeux, pour mettre notre regard dans celui du Christ, pour comprendre le sens du monde et de la vie, et nous voir tels que Dieu nous connaît. Le carême est aussi temps de libération. En nous révélant nos fautes cachées (Ps 19, 35), le Seigneur libère notre cœur de tout ce qui l’opprime et nous rend supérieurs à nous-mêmes face à  la tentation. Jésus-Christ a subi l’assaut des puissances du mal et il leur a résisté. Le Seigneur est avec nous, nous pouvons demeurer fermes au moment de la lutte en restant attachés à lui. Le Christ peut nous faire entrer à fond dans le mystère d’un cœur qui s’abandonne.

 

Dans l’Eglise actuelle, le carême est de plus en plus vécu comme temps de charité. L’amour d’autrui réclame aussi bien des renoncements concrets et pratiques. Le Seigneur nous invite à aimer sincèrement ceux qui sont proches comme ceux qui sont loin, ceux qui sont dans le besoin. L’amour mutuel est le signe par lequel on reconnaît les disciples du Christ (Jn 13, 35). Jésus attache une importance capitale à la charité. Du point de vue de l’Evangile, la charité englobe tous les aspects de l’amour d’autrui. Toute la vie de Jésus a consisté à aimer. Puisque le Christ Jésus a voulu nous faire vivre de son amour, c’est son amour qui doit prendre possession de nous. Jésus vient aimer en nous. Il vient mettre en nous une force d’amour. Son cœur vient battre en nous ; il nous porte à aimer comme lui sans mesure, à pardonner sans fin, à ne pas limiter l’accueil et le service. Jésus nous fait aller jusqu’au bout de l’amour ; il nous fait découvrir davantage le mystère de sa présence dans tous les hommes. Jésus nous fait aimer tous nos frères.

Le Seigneur nous a montré le sens profond de la charité. Il nous a fait découvrir tout un mystère : sa présence dans tous les hommes et plus particulièrement dans les malheureux. Le Christ souffre de tous nos manques d’amour, mais il accueille aussi tous nos actes d’amour. Et quand nous nous présenterons à lui dans la rencontre de l’au-delà, nous constaterons qu’il n’aura  oublié aucun de nos actes de charité et d’amour.

 

 Nous avons une responsabilité, celle de reconnaître chez tous ceux que nous rencontrons la présence du Christ, de traiter chacun d’eux comme nous traiterions le Christ en personne. Nous devons, nous aussi, essayer d’appliquer cette parole de l’Evangile, qui nous montre comment Jésus nous fait prendre conscience de tous les problèmes encore actuels de notre société :

 

  • le problème de la faim dans le monde.

  • le problème de l’indigence et de la misère : « J’étais nu et vous m’avez vêtu »

  • le problème des immigrés et de ceux qui  fuient leur pays.

  • le problème de l’accueil : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli »

  • le problème des malades : « J’étais malade et vous m’avez visité ». Jésus attire notre attention sur l’aspect moral de la maladie. Il ne dit pas : « J’étais malade et vous m’avez soigné » mais « J’étais malade et vous m’avez visité. »

  • le problème des détenus : « J’étais en prison et vous êtes venu me voir. » C’est le fait de toutes les prisons du monde, les prisonniers, au lieu de s’améliorer, deviennent pires qu’ils n’étaient.

 

Il y a là tout un problème : celui de la délinquance et de l’amendement des détenus. Jésus a attiré notre attention sur tous ces phénomènes de la société. Mais en même temps, il nous demande, à nous, à chacun d’entre nous, un comportement qui tienne compte de sa présence dans tous les hommes. Remarquons que cette présence de Jésus est indépendante de la valeur morale de l’individu. 

 

Il y a différents modes de présence de Jésus : le Seigneur nous fait comprendre qu’il serait présent en ceux qui observent ses commandements : « Si quelqu’un m’aime, a-t-il dit, et s’il observe mes commandements, mon Père et moi, nous viendrons en lui et nous ferons chez lui notre demeure. » Il s’agit là d’une présence d’amitié, une présence de complaisance. Jésus parle aussi d’une présence acquise à chaque homme quel qu’il soit, quels que soient sa valeur, son comportement moral. 

 

 

 

Le Christ est toujours présent puisqu’il dit : « J’étais en prison ». Sans doute il arrive qu’il y ait des innocents jetés en prison, mais il y a aussi toutes sortes de délinquants. Le Christ a voulu nous faire comprendre que dans le pire des criminels, il est présent. Et c’est ce que comprennent tous ceux qui vont dans les prisons rendre visite aux détenus.  Ils appliquent cette indication de l’Evangile. Beaucoup d’entre eux reconnaissent la présence du Christ dans ces détenus. « Tout ce que vous avez fait au plus petit de mes frères que voici, c’est à moi que vous l’avez fait » ; le plus petit et le plus vulnérable !

Nous sommes tentés parfois de négliger certaines personnes dans notre charité ; nous trouvons que cela n’en vaut pas la peine, et nous avons à nous demander, lorsque nous réfléchissons à la charité, si quelqu’un n’est pas laissé de côté, auquel nous devrions véritablement faire plus attention.

 

Que le Seigneur nous donne davantage ce regard mystique de la charité, afin de reconnaître sa présence dans chaque être humain, et de pouvoir ainsi traiter chacun, en ayant conscience que tout ce que nous lui faisons est fait au Christ en personne. Nous nous sentons si petits devant cet immense commandement que Jésus nous a donné : « Aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés. » Aimer comme Jésus nous a aimés, en allant jusqu’au sacrifice de sa vie, car ce sacrifice nous est donné en exemple. Le Seigneur Jésus n’a pas dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous aime », mais « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », c’est-à-dire comme il nous a aimés par son sacrifice. 

C’est tellement grand tout cela que  nous nous sentons incapables de le faire. Seul le Christ Jésus peut nous inspirer l’amour qu’il nous a commandé d’observer. En venant aimer en nous, il remédie à la faiblesse de notre cœur. 

 

Le cœur de Jésus nous fait dépasser toutes nos réactions d’impatience, d’intolérance et d’agressivité, tout ce qui en nous est revendication de notre égoïsme. Jésus le voit mieux que nous, et il a les moyens de nous libérer de cet amour-propre qui nous retient prisonniers. Il a les moyens de nous faire aimer à sa manière, de refaire notre cœur à neuf et de l’élargir comme il veut et comme il sait. C’est pourquoi nous voulons nous mettre de plus en plus sous son rayonnement d’amour, nous laisser envahir par cet amour qui l’a fait « Eucharistie ». Lui seul, Jésus, notre Dieu, peut nous faire aimer de l’amour fraternel le plus authentique dont il nous a aimés. Aimer voir dans nos frères le don de la présence du Christ, en essayant de découvrir en eux leurs qualités et leurs nombreux talents, en ne posant sur eux qu’un regard favorable, rempli de bienveillance.

 

Marie a été un modèle de charité. Lorsque l’Esprit Saint l’a remplie de grâce, il a voulu la combler  d’amour divin. Et cet amour dont la vierge était  pleine a guidé toute sa conduite. Ce qu’il y a de merveilleux en Marie, c’est que jamais elle n’a posé un acte d’égoïsme, jamais elle n’a montré d’impatience. En Marie, il n’y a jamais eu pour ceux qui l’entouraient, pour ceux qui la rencontraient, que de la bonté, de l’amour.

Marie n’a jamais blessé personne. Nous ne savons pas comment, concrètement, la Vierge Marie s’est comportée durant les trente années de Nazareth, puisque l’Evangile ne nous dit rien à ce sujet. Nous savons simplement que la mère de Jésus était comblée de grâce, qu’elle devait par conséquent rayonner la charité qui se trouvait en elle, et que le Seigneur Jésus lui-même a admiré son cœur et son amour.

En Marie se réalisait l’amour parfait. Quand Jésus dira à ses disciples : « Vous, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait », il pensait à Marie qui avait réalisé cet idéal de perfection, l’unique créature parfaite sans aucune ombre, un parfait reflet du Père dans son amour. Comme nous le verrons par la suite, l’Evangile, tout en nous parlant peu de Marie, nous donne néanmoins quelques indications sur son amour pour les autres. Les chrétiens sont appelés, lors du Carême, à pratiquer les exigences de la générosité fraternelle.

Jean-Claude

Extrait dans "Miracles de la Grâce Divine", © Paris, 2002